De plus en plus d'investisseurs qui jusqu'ici avaient accès aux cours des valeurs boursières avec une journée de retard vont avoir accès aux cours en temps réel (avec seulement 15 à 20 minutes de décalage) et vont être à même de réagir en conséquence. Mais, la rapidité de leur information couplée au manque de conseil de spécialistes risque d'inciter les investisseurs à des sautes d'humeur et d'augmenter encore la volatilité des marchés.
Dans l'intérêt des petits porteurs comme des marchés boursiers eux-mêmes, il sera souhaitable de mettre en place des dispositifs de protection en cas de mouvements précipités. Corollaire de ce phénomène, la manipulation de cette famille de détenteurs de valeurs est plus aisée que celle des professionnels, car ils pourront être facilement influencé par ce qu'ils auront lu sur le réseau. Ce qui constitue un facteur augmentant encore la volatilité du cours des valeurs susceptibles de faire l'objet de manipulation (au premier rang desquelles les valeurs liées à Internet : Netscape, Yahoo !, Altavista, Broadvision, Etrade, Microsoft...)
En ce qui concerne la levée de capitaux, de nombreuses questions restent sans réponses : le cas du trading en ligne rentre dans des cadres finalement assez traditionnels, la levée de capitaux directe rompt totalement avec les habitudes actuelles. De nombreuses questions restent en suspend : comment protéger les investisseurs sans entraver le financement des entreprises ? Quels sont les acteurs qui demain contrôleront ce marché ? Dans quelle mesure, cette mobilisation de l'épargne contribuera-t-elle à dynamiser les économies nationales ? Certains pays draineront-ils l'épargne de leurs voisins grâce à l'absence de frontières qui caractérise Internet ? Quelle structure internationale mettre en place afin de contrôler le respect des réglementations nationales ? En effet, si un site Web vénézuélien annonce un APE en anglais sans préciser à qui il s'adresse comment s'assurer qu'il respectera les lois françaises dans l'hypothèse où des ressortissants français s'adresseraient à lui ? Comment en cas de litiges, prouver l'infraction commise au moment d'une APE lancée trois ans auparavant et dont toute trace sur le réseau a disparu ?
Ces problèmes se posent avec d'autant plus
d'urgence que le nombre d'APE s'élèvera à plusieurs
dizaines en 1996 et à plus de 500 en 1997, pour les Etats-Unis uniquement.
(James E.Grand et Gary Lloyd, Internet IPOs : A potential oasis for
small compagnies, july 1996 - http ://www.upside.com/print/july96/ipo.html)
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